Ce diaporama nécessite JavaScript.

« Rétro-vision » illustre ma façon de voir l’Art dans la ville. A Liège, à Porto, à Barcelone, à Florence, à Montevideo, à Valparaiso ou encore à Berlin. A coups de reflets, de façades qui plongent dans des rétroviseurs. A coups de détails, d’ombres qui s’allongent sur les murs. A coups de pinceau, de Street Art, de couleurs qui éclatent dans les ruelles. Sortis de leur contexte, déformés, ces détails prennent presque une dimension abstraite.

Au cours de chaque voyage, des tas de petits choses éphémères, insignifiantes, voire insolites attirent mon regard. Cette exposition propose un périple urbain à un niveau microscopique. Un portrait qui tisse les liens entre ces métropoles, petites ou grandes, qui met en évidence leurs ressemblances.

Au Théâtre « Le Moderne »

VERNISSAGE :
Le samedi 2 février 2013 de 14 à 18 h

OUVERTURE DE L’EXPOSITION :
– Les samedis 2, 9, 16 et 23 février 2013 de 14 à 18 h
– Lors des spectacles de janvier et février 2013 ( les 11, 12, 18, 19, 20, 25 et 26 janvier et les 2, 22 et 23 février de 20h à 22h30) et ou sur rendez-vous

 

Publicités

Malgré les petits désagréments pratiques et les mésaventures, la Bolivie reste un pays magnifique, plein de petits recoins à découvrir… Entre Uyuni et son désert de sel, Potosi et ses mines, Sucre, la cité blanche et La Paz…

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Je quitte tout juste la Bolivie. Après une dizaine de jours, j’ai pu valider ou non certains préjugés et échos rapportés par les voyageurs qui m’ont précédés.

Altitude – La sportive que je suis a bien dû se résoudre à s’époumoner à la moindre petite côte entre Potosi (4060 m) et le lac Titicaca (3820 m).  Ces exercices cardio ne m’ont pourtant pas empêchée de gravir toutes les petites côtes pour prendre un peu de hauteur. Une jolie vue, une jolie photo, ça se mérite.

Pollution et trafic – En plus de l’altitude, mes petites poumons ont bien souffert des épaisses fumées noires s’échappant de vieux tacos et autres bus vétustes. Sans compter que les rues très inclinées sont la règle dans les villes. Quant au trafic, je n’ai jamais été aussi heureuse  de compter sur mes petites jambes. Les rues sont très souvent paralysées et deviennent le théâtre de concert de klaxons (j’en suis même venue à la conclusion qu’il devait exister un langage propre aux automobilistes par klaxonages aux accents agressifs et colloquiaux : « tuttttttttttttt » peut vouloir dire : « Mr Le piéton magne toi de traverser ou je t’écrase», « Mr. les automobilistes vous avez intérêt à vous arrêter parce que je passe », « Je prends ma priorité »,… ).

(suite…)

Un des moments forts de notre séjour en Bolivie est sans aucun doute notre visite d’une mine d’argent de Potosi. D’un point  de vue journalistique, l’envie de me rapprocher des conditions de travail des mineurs. D’un point de vue personnel, un petit défi lancé à ma claustrophobie.

Accompagnés d’anciens mineurs, nous nous équipons de casques, de bottes et de vêtements de sécurité et achetons quelques présents pour les mineurs. Un petit godet d’alcool potable à 96° n’est pas de trop pour me donner du courage.

Déjà, l’entrée de la mine. Une odeur douçâtre. De la poussière plein les narines. Les pieds qui pataugent et le dos courbé. Les poutres aménagées au 17e siècle n’inspirent pas plus confiance que ça. Mais je m’interdis de réfléchir. Nous nous enfonçons dans le boyau en file indienne.

Nous croisons des hommes luisants de sueur poussant des wagonnets. Tous ont une joue bombée par des feuilles de coca. Seule nourriture de la journée, la coca réduit la sensation de faim, de soif et de fatigue. Elle permet également de s’acclimater à l’altitude.

Arrivée à la fin du niveau 1, notre groupe se décime. De vigoureux Allemands refusent d’aller plus loin. Pour accéder au niveau deux, il faut descendre dans une faille étroite. En bas, nous ne sommes plus que deux sur six. Notre guide nous précède. Je perds la notion du temps et de l’espace. Ma respiration s’accélère à cause de l’effort, du manque d’air et de l’altitude. Nous marchons, rampons et rencontrons enfin différents groupes de mineurs. Les joues luisantes, ils sont armés de barres à mines et de gros maillets. Le regard brillants, ils nous montrent fièrement la veine d’argent sur laquelle ils travaillent.

Nous ressortons après deux longues heures. Deux très longues heures. Je me sens épuisée. La mine m’a laissée sans voix au propre comme au figuré.

Deux heures, qu’est ce que ça représente au juste pour ces mineurs qui passent dix heures dans la mine tous les jours, pendant des années. Dans le noir. Avec des outils moyenâgeux. Exposés en permanence à des gaz toxiques. Avec pour seul avantage un salaire quatre fois plus important que le salaire minimum autorisé…



Sur la route de La Serena à San Pedro (16h), je n’ai d’abord vu que du gris. Un désert. Des heures de désert. Des immondices. De petites villes poussiéreuses. En arrivant à Calama (passage obligé pour se rendre à San Pedro de Atacama), je me suis sentie un peu mal à l’aise, avec l’impression que tous les regards étaient rivés sur moi. En faisant signe au premier bus qui allait à San Pedro et en suant sous mes sacs, je me suis sérieusement demandé pourquoi on faisait tout un plat de ce petit coin du désert de l’Atacama…

Une heure plus tard, des arbres surgissaient comme par magie au milieu de cette étendue grise. Et au milieu des arbres, un petit village blanc. Je me déride un peu, mais je ne me laisse vraiment aller que lorsque j’ai planté ma tente (celle d’Arturo) sous un figuier, dans un petit camping à l’extrémité nord du village, que j’ai négocié dur mon billet de bus pour la Bolivie et mes excursions au Geyser de Tatio et à la Laguna Cejar. Un vrai parcours du combattant pour obtenir l’information (c’est d’autant plus étonnant que San Pedro est un des lieux les plus touristiques et les plus chers du Chili), mais je suis assez contente de moi au final. Je rentre triomphante au camping. Le plus dur est fait !

Il ne me reste plus qu’à profiter de la compagnie de mes collègues voyageurs (français, suisse et chiliens). Pour la suite, une balade avec Eveline qui se révèle aussi aventureuse que mes dernières épopées en bicyclette, mais sans regret aucun ! Un lever de soleil sur les geysers de Tatio, une baignade dans une source chaude, puis dans les eaux salées du lac Cejar, un coucher de soleil sur la laguna Tebinche, un autre sur la Vallée de la lune… San Pedro a fini par me conquérir…

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Un des buts de ce voyage était de réaliser différents reportages. Malheureusement, je n’en ai pas réellement eu l’opportunité ni le temps… Ces deux derniers mois,  j’ai voyagé à un rythme effréné avec Manue et Fran, sans avoir vraiment l’occasion de me poser.

Malgré le manque de temps pour rédiger de réels reportages, je me suis néanmoins efforcée de connaitre un maximum de choses sur la culture chilienne, de provoquer les rencontres et de profiter de toutes les occasions d’échange despoints de vue. Dans cette optique, j’ai décidé de m’arrêter un peu à Santiago. En cherchant un hôte dans la capitale chilienne via CouchSurfing, je suis tombée sur le profil d’Arturo. Impliqué dans un projet social, il invitait ses hôtes à se joindre au projet : offrir une aide après-scolaire à des enfants (6 – 12 ans) de La Pintana, un quartier défavorisé de Santiago. Sans trop réfléchir, je l’ai tout de suite contacté. C’est exactement ce qu’il me fallait !

Pendant quatre jours, j’ai donc aidé les enfants dans leurs devoirs, je leur ai appris des jeux, je les ai encouragés… Dans le fond, j’ai fait bien peu de choses en comparaison à ce qu’ils m’ont apporté. Avec leurs petits yeux curieux, ils m’ont posé des tas de questions sur la Belgique, sur les pays que j’avais visités. Le deuxième jour, j’étais déjà la « Tia Teresa ». Une expérience riche !

La Pintana se trouvant à une heure du centre de Santiago, j’en ai profité pour mieux connaitre le quartier, notamment en rencontrant un membre d’une ONG très active à La Pintana, Junto al Barrio. Ensemble, nous avons parcouru les rues en évoquant les différents problèmes : le manque de soutien à l’éducation, l’alcoolisme, la délinquance, le manque d’alternatives, la pauvreté et la précarité de l’emploi, la violence familiale,… J’ai également visité un jardin d’enfants et un centre de santé. Derrière le Santiago rutilant, cosmopolite et moderne, j’ai découvert une autre réalité…

Si pudiera vivir nuevamente mi vida.
En la próxima trataría de cometer más errores.
No intentaría ser tan perfecto, me relajaría más.
Sería más tonto de lo que he sido, de hecho
tomaría muy pocas cosas con seriedad.
Sería menos higiénico.
Correría más riesgos, haría más viajes, contemplaría
más atardeceres, subiría más montañas, nadaría más ríos.
Iría a más lugares adonde nunca he ido, comería
más helados y menos habas, tendría más problemas
reales y menos imaginarios.
Yo fui una de esas personas que vivió sensata y prolíficamente
cada minuto de su vida; claro que tuve momentos de alegría.
Pero si pudiera volver atrás trataría de tener
solamente buenos momentos.
Por si no lo saben, de eso está hecha la vida, sólo de momentos;
no te pierdas el ahora.
Yo era uno de esos que nunca iban a ninguna parte sin termómetro,
una bolsa de agua caliente, un paraguas y un paracaídas;
Si pudiera volver a vivir, viajaría más liviano.
Si pudiera volver a vivir comenzaría a andar descalzo a principios
de la primavera y seguiría así hasta concluir el otoño.
Daría más vueltas en calesita, contemplaría más amaneceres
y jugaría con más niños, si tuviera otra vez la vida por delante.
Pero ya tengo 85 años y sé que me estoy muriendo.

***

Si je pouvais de nouveau vivre ma vie
Dans la prochaine je commettrais plus d’erreurs
Je serais plus bête que ce que j’ai été
en fait je prendrais peu de choses au sérieux
Je serais moins hygiénique, je courrais plus de risques, je voyagerais plus
Je contemplerais plus de crépuscules, je grimperais plus de montagnes,
Je nagerais dans plus de rivières,
Je me rendrais dans plus d’endroits qui me sont inconnus
Je mangerais plus de crèmes glacées et moins de fèves
J’aurais plus de problèmes réels et moins d’imaginaires.
J’ai été de ces personnes
qui vivent sagement et pleinement chaque minute de leur vie
Bien sûr que j’ai eu des moments de joie
Mais si je pouvais revenir en arrière,
J’essaierais de n’avoir seulement que de bons moments
ne pas laisser passer le présent.
J’étais de ceux qui ne se déplacent sans un thermomètre,
un bol d’eau chaude, un parapluie, et un parachute.
Si je pouvais revivre ma vie je recommencerais par me promener pieds nus
dès les premiers jours du printemps
et je continuerais jusqu’aux confins de l’automne…
Je musarderais plus dans les ruelles, je contemplerais
plus d’aurores et je jouerais avec plus d’enfants,
si j’avais encore une fois la vie devant moi.
Mais voyez-vous, j’ai 85 ans, et je sais que
je suis en train de mourir…

Voilà peut-être le bon moment pour parler de CouchSurfing

CouchSurfing, c’est une sorte de Facebook pour les voyageurs. Cette interface (non lucrative) permet aux voyageurs de rencontrer des locaux et de partager un moment avec eux : en occupant leur canapé pour la nuit (gratuitement), en allant boire un verre ou faire une visite de la ville, toujours dans une optique d’accueil et d’échange culturel. Couchsurfing permet ainsi de voyager autrement, en étant plus proche des autochtones et de leur quotidien, en s’écartant des sentiers battus. Pour celui qui accueille, c’est aussi une façon de voyager en restant chez soi.

Depuis 2003, le réseau a pris de l’ampleur. Il compte aujourd’hui près de 2,4 millions de membres (dont 50% d’Européens) dans 245 pays.  Des groupes se sont créés pour rassembler les Couchsurfers d’une même ville lors d’activités diverses et toujours spontanées.

 

Moments d’échange d’informations et conseils, discussions et festivité,… Couchsurfing a rendu mon expérience chilienne unique (et économique). Je suis impressionnée par la simplicité et la chaleur avec laquelle j’ai été reçue, de voir à quelle rapidité des amitiés sincères se créent.

À Valdivia, Ataly nous a reçu avec une chaleur et simplicité incroyable malgré ses moyens limités.

À Valparaiso, Rodriguo nous a fait découvrir le folklore local, la musique et la nuit chiliennes. Il nous a entrainé dans un bar inconnu des touristes, El Canario. Musique en direct, affiches décollées et décolorées sur les murs, petites tables biens serrées, chiens endormis sous les tables et deux piscos pour le prix d’un, un petit monde à part.

À Santiago, j’ai pu partagé pendant quelques jours le projet d’Arturo, de Soledad et de Mathias : l’accueil d’enfants dans un quartier défavorisé de Santiago. Tout de suite, ils m’ont intégré à leur projet, à leur vie en communauté et m’ont entrainé dans la vie nocturne de Santiago, du Patio Bellavista au Miercoles Po (fête étudiante qui a lieu tous les mercredis dans un lieu différent).

Arturo s’est comporté comme un grand frère. Toujours inquiet de savoir si je ne manquais de rien, il m’a donné un tas d’informations sur Santiago (sans lesquelles je serai passé à côté du vignoble « Concha y Torro » et du petit quartier colonial du même nom) et de conseils pour la suite de mon voyage. Il a été jusqu’à me prêter sa tente jusque San Pedro, où elle paresse à l’ombre d’un figuier.

J’ai retrouvé Priscilla à la station de bus. Nous avons voyagé ensemble de Santiago à La Serena. Avec Ricardo, elle m’a fait découvrir La Serena et Coquimbo de fond en comble : de la plage à l’extrémité rocheuse de Coquimbo, bon observatoire pour voir les pélicans et le coucher du soleil.

Depuis que Fran est reparti, je n’ai presque jamais été seule. Les personnes rencontrées en chemin ont donné un sens à mon voyage, du relief. Si elle demande un peu d’organisation, j’aime de plus en plus cette façon de voyager!

J’ai profité de l’arrivée de François pour goûter quelques spécialités locales… En comparaison avec les éternelles  – mais délicieuses – « parillas » ou barbecues uruguayens (au bois) et argentins (au charbon), la cuisine chilienne est plutôt variée. Pommes de terres, maïs, poulet, poissons, oignons et … avocats (paltas) se mélangent sous différentes formes… Je me jette à l’eau mais en prenant quelques précautions tout de même… J’ai toujours un petit goût de rein et d’intestins de bœuf sur le bout de la langue depuis un certain barbecue en Uruguay (voilà ce que l’on gagne à être trop téméraire et à ne pas savoir ce que l’on mange…).

Entre autres préparations…

Ceviche – poissons crus arrosé d’une petite sauce au citron (en réalité, c’est une spécialité péruvienne)

Pastel de choclos – gratin de maïs (un peu sucré) avec du poulet, de la viande, des oignons, des raisins, des œufs et des olives.

Pastel de jaibas – gratin de crabe (surprise quand la commande est arrivée, j’étais sûre que les jaibas étaient une sorte de haricots. On a eu de la chance, on aurait pu tomber sur quelque chose de pire).

Sopaipillas – petits pains plats frits que l’on peut acheter dans la rue. On les mange avec toutes sorte de sauces.

Pebre – Petite préparation piquante de tomates et d’oignons hachés menu avec de la coriandre. On l’étale sur des petits pains en guise d’apéro. C’est très rafraichissant.

Completos – Hot dog amélioré avec des tomates, de la pâte d’avocat et une double dose de mayonnaise par-dessus (petite bouche s’abstenir).

Churasco – Hamburger dans lequel la viande hachée est remplacée par un filet de bœuf, avec pâte d’avocats et tomates.

Lomo a lo pobre – Le coup de cœur de Fran… Un bon steak frites couronné de deux œufs au plat et d’oignons frits.

Mote con huesillos – Jus de pêches confites (aves les pêches entières) et grain de blé.

Quant aux empanadas (chaussons fourrés), on en trouve partout en Amérique latine. Cuites au four ou frites, elles ont des formes et des contenants différents selon les pays et tombent toujours à point en cas de petit creux.

Evidemment, je ne me sors pas tous les jours au restaurant. La plupart du temps, je me contente de cuisiner un petit quelque chose (et je ne comprends que mieux ma petite maman qui se creuse sans cesse la tête pour trouver de nouvelles idées de recettes… c’est fatiguant d’établir tous les jours un menu…). Je me débrouille avec mes relatifs talents culinaires et les ustensiles très souvent rudimentaires à disposition (Tefal aurait un marché à conquérir en Amérique latine). Et je me surprends à rêver de cuisines équipées et de cours de cuisine…

François a pris la relève de Manue pour deux semaines. Il m’a retrouvé à Puerto Montt (2jours), dans la région des Lacs, avec la pluie et la grisaille. Marché aux poissons, village de pêcheurs. Puerto Varas, volcans, lacs et cascades.

Deuxième étape (2 jours). Valdivia, Niebla et Corral – soleil, gros nuages, averses. Pélicans, goélands et cormorans. Maisons colorées, barques de pêche qui barbotent. Chocolats chaud.

Troisième étape (5 jours). Pucón, lumière et météo capricieuse.  Randonnées dans le parc du Cani et Huerquehué. Nature exubérante. Forêt de bambous et d’auriaca centenaires. Pique-nique au sommet, avec vue sur les têtes de blanches des volcans. Lacs endormis et pas assourdis par la neige.

Trempette dans les sources d’eau chaude de Pozones. Lutte verticale entre la pluie et la vapeur.

Balade autour du lac Villarica, du sable dans les chaussures.

Ascension du volcan Villarica (2800 m), mon cadeau d’anniversaire de François. Crissements dans la neige. Bruits métalliques de paire de crampons qui se suivent en file indienne. Respirations accélérées dans nos combinaisons orange. Fumée brune. Gorge qui gratte et yeux qui piquent. De là haut, vue sur un tapis de nuages. Descente sur les fesses. Vitesse, neige dans les yeux. Retour en enfance. La tension de la montée s’évapore.

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Ce mercredi 27 octobre était, en Argentine, journée du recensement. Les Argentins étaient donc priés de rester chez eux, en attendant qu’un agent vienne les questionner sur leur maison, la composition de leur famille, leur profession… Aux premières loges pour apprendre la mort de leur ancien président, Nestor Kirchner, époux de l’actuelle présidente.

Les adieux à Nestor Kirchner ont vite pris des proportions impressionnantes. Cet homme de gauche était en effet extrêmement populaire et respecté malgré les divisions de l’opinion face au Kirchnerisme. L’Unasur (Union des nations sud-américaines) a imposé trois jours de deuil.

À Buenos Aires, la file s’est allongée devant la Casa Rosada, le siège présidentiel. Des milliers d’Argentins ont tenu à rendre une dernier hommages à leur ancien président. Des milliers de visages tordus par l’émotion, la tristesse. Des voix qui n’ont pas peur de crier leur douleur, des paroles de soutien à Cristina. Beaucoup de jeunes. Stoïque au milieu de tout ce monde, la présidente cachait sa peine derrière de grosses lunettes noires, mais les tremblements de son menton la trahissaient. Pendant des heures, elle a serré des mains. Emue, elle tapotait sur son cœur avec sa main droite.

Plusieurs présidents latino-américains, dont le bolivien Evo Morales, l’équatorien Rafael Correa, l’uruguayen José Mujica, le chilien Sebastián Piñera, et même Hugo Chavez, sont également venus présenter leur condoléances en personne. Les circonstances ont relégué en second plan les différents politiques.

À Bariloche, notre hôte a suivi les évènements avec attention. Jour et nuit, il a gardé un œil sombre sur sa télévision. Il se tracasse pour l’avenir de son pays, pense déjà aux élections de 2011. Comme dans beaucoup d’autres villes d’Argentine, une foule s’est rassemblée mercredi soir sur la place principale pour participer à distance à la veillée funéraire. Les fleurs et les affiches « Fuerza Cristina » se multiplient devant les sièges municipaux.

Je ne peux m’empêcher de partager un peu la peine des Argentins, tant elle parait sincère. Mais – sans enlever le mérite de cet homme charismatique arrivé au pouvoir en 2003 – je me demande si tout ce ramdam n’est pas un peu exagéré ? De telles funérailles ne peuvent qu’idéaliser le bonhomme. On parle déjà de moment historique.

Bien sûr la mort de Nestor Kirchner aura des conséquences politiques directes et immédiates. Elle a ébranlé la présidente, tant au niveau personnel que politique. Parce que la politique chez les Kirchner était avant tout un projet de couple. Cristina a néanmoins pu mesurer sa popularité (voire la renforcer). Nestor Kirchner était par ailleurs bien placé dans les sondages pour les élections présidentielles de 2011. Cette mort inattendue laisse sans aucun doute la place à l’incertitude pour certains, l’inquiétude pour d’autres…

Les backpackers nous précédant à Puerto Madryn nous ont tous parlé avec enthousiasme de la Péninsule Valdés. L’endroit m’a pourtant déçu. Comme chaque fois après notre arrivée dans une nouvelle ville (23 octobre), nous nous renseignons sur les possibilités touristiques. Après avoir visité plusieurs agences, nous nous décidons pour une excursion à la péninsule Valdés : 150 pesos pour l’excursions et 70 pesos pour entrer dans le parc (au total 40 euros).

7h30 le lendemain. Nous attendons le minibus devant notre auberge. Il lui faut au moins une demi heure pour récupérer tous les participants. Tous somnolent jusqu’à notre première destination, Puerto Piramides. Je ne leur en veux pas, le paysage est étrangement monotone et gris. À Puerto Piramides, la plupart des touristes font un tour en bateau pour observer les baleines franques australes (180 pesos), Manue et moi prenons un peu de hauteur et scrutons la mer. La suite de l’excursion : des arrêts pour voir des pingouins et des éléphants de mer. Tout est très conventionnel, très programmé, minuté. Il me vient une envie folle de sortir des sentiers battus, de prendre mon temps d’observer cette nature surprenante…

 

Le jour suivant nous décidons donc de louer des vélos pour une balade de 17 kilomètres au départ de Puerto Madryn jusqu’à la Punta Dorillado. À vouloir sortir des sentiers battus, nous nous retrouvons sur quatre kilomètres de grande route en travaux et 15 de chemin de graviers, de bosses et de sable… (tout en relief cela va de soi). J’entends Manue sacrer, jouant sur toutes les nuances de la langue québécoise. Couvertes de poussière, nous finissons par laisser tomber nos compotes de fesses sur un petit bout de plage juste devant un petit couple de baleines. Le spectacle est incroyable ! Le mâle, à 50 mètres de nous tente d’impressionner sa belle par diverses acrobaties (les photos rendent mal la magie du moment…). Nous reprenons la route un peu plus légères… les fesses toutes aussi endolories.

Nous avons finalement atteint la Patagonie (19 octobre), après une balade en taxi, une longue attente à l’aéroport (pour cause de grève du personnel, ce qui a valu un repas gratuit dans le restaurant de l’aéroport), un premier vol, une nuit à l’aéroport de Buenos Aires, un lever de soleil sur le Rio de la Plata et un second vol de 4 heures. D’immenses plaines, des lacs bleus et des sommets enneigés défilent à travers les vitres du minibus qui nous amène au Marco Polo Inn, notre point de chute à El Calafate. L’auberge de jeunesse est flambant neuve, propre et coquette, avec vue sur le Lac Argentino.

Nous consacrons nos premières heures à Calafate à l’organisation des prochains jours : nous programmons deux excursions et achetons des ticket de bus pour Puerto Madryn, la prochaine étape. Avec ses petites maisons en bois et colorées, sa large avenue principale, Calafate ressemble à n’importe petite ville américaine ou canadienne. Il y règne un calme impressionnant. Nous passons le reste de l’après-midi dans la réserve naturelle du Lac Nimez. Défilé d’oiseaux, de nuages.

Deux grands moments de notre séjour en Patagonie : la visite du célèbre Perito Moreno, sous la neige et le soleil. Avec sa surface bleutée, ses craquements et le vacarme provoqué par la chute d’énorme morceaux de glace, le glacier est une sorte de OneManShow. On ne le quitte des yeux qu’avec regret.

L’élégant Fitz Roy, à Chaltén, vaut lui aussi le détour. Je reste un peu sur ma faim, notre excursion ne nous permet que de faire une petite balade. Je suis triste de ne passer qu’une journée dans ce parc enchanteur (et gratuit). Il y a là des tas de balades vers des lacs bleus, des glaciers et des sommets enneigés…

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Ces trois jours dans le sud de la Patagonie ont passé à une vitesse incroyable. Un claquement de doigts et nous voilà déjà en route pour Puerto Madryn, quelques 24h de bus plus loin.

Le 13 octobre dernier, 33 mineurs ont refait surface après 69 jours passés à 700 mètres sous terre suite l’effondrement d’une mine à San José, dans le sud du Chili, le 6 août dernier.

Arrivée à Montevideo début septembre, ce drame chilien a été le fil rouge de mon stage à l’AFP. Tous les jours, un papier à traduire sur l’avancé des différentes machines ou sur des petits moments chargés d’émotion : la naissance d’Esperanza, la fille d’un mineur, un documentaire sur le sauvetage réalisé au jour le jour, le don de maillots du Real Madrid aux mineurs… Autant de sujets reposant sur l’émotion, flirtant avec le voyeurisme. Autant de sujets envoyés à tour de bras parce qu’on est sûr qu’ils se vendront, qu’ils « feront vendre ». Parce que le monde entier a les yeux rivés sur la mine de San José. Je me suis laissée rapidement dégouter par tant de bons sentiments. Ecœurée parce que toutes ces belles intentions ne sont jamais gratuites, qu’il y a toujours un profit à faire sur le malheur des autres.

Bien sûr l’histoire des mineurs est humainement impressionnante. Personne ne peut imaginer ce que ces hommes ont enduré : les deux semaines d’angoisse avant qu’on ne sache qu’ils étaient vivants, le mois et demi de sauvetage, les tensions, la solidarité aussi. Une drôle d’expérience humaine qui devrait intéresser les sociologues. Mais à force d’en entendre parler tous les jours, je m’en étais un peu désintéressée. La malchance des mineurs était même devenu un sujet de blague entre collègues.

Et voilà que dans un petit village de Jujuy, dans une petite boutique sans allure et un petit café, rattrapée par les évènements, j’assiste par intermittence au sauvetage de ces hommes. Et d’un coup, la pièce tombe. Est-ce que j’ai raté le coche ? Est-ce que moi aussi j’aurais du être présente sur les lieux ? Ça aurait probablement été une première expérience journalistique incroyable… Mais à bien y réfléchir, les journalistes ne manquaient pas. Ils étaient plus de 1700 sur les lieux. Dans ces conditions comment approcher les mineurs, leurs familles sans leur dérober leur intimité ? Comment exercer mon métier de façon respectueuse et humaine ? Devant cette impasse, mes regrets s’envolent…

Nous nous sommes arrêtées près de 8 jours dans les provinces de Salta et de Jujuy, au nord-ouest de l’Argentine. Nous profitons de deux excursions organisées par notre auberge de jeunesse au départ de Salta, une à Cafayate para la Quebrada de las Conchas et l’autre, à Cachi.


Par contre, nous décidons de découvrir la Quebrada de Humahuaca de nos propres moyens. Nous remballons donc nos affaires et partons pour quatre jours, à la découverte des petits villages de Humahuaca, Tilcara et Purmamarca. Leur look très andin me donne un avant goût de la Bolivie et du Pérou. J’apprécie le dépaysement, la tranquillité qu’offrent ces villages hors du temps.  Quatre jours, juste le temps de gouter la viande de lama, les tamales et les humitas (spécialités régionales à base de maïs), de nous familiariser avec l’altitude (2890 m) avant notre périple dans le Sud, de prendre des couleurs (le soleil nous suit depuis Iguazu !), de randonner, mais surtout de nous remplir les yeux de paysages magnifiques – qui finissent de nous couper le peu de souffle qu’il nous restait, d’écouter le vent jouer de drôles de mélodie dans les aiguilles des cactus. Ce même vent qui nous emmêle les cheveux et nous envoie de la poussière plein les yeux, mais qui donne aussi, un sentiment intense de liberté !

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Ils viennent d’Espagne, des Etats-Unis, du Canada, d’Irlande, d’Australie, du Danemark, d’Allemagne et des Pays-Bas,… Ils s’appellent Claire, Paul, Patrick, Kevin, Steffen, Sebastian, Inès, Bruno, Kaitie… Ils sont en Amérique latine pour un mois, cinq mois ou un an. Les backpackers sont de passage, en vacances, font une pause pendant leurs études ou ont pris une année sabbatique. Ils ont laissé derrière eux appartement et boulot, ont vendu leur voiture. Pour certains, ce voyage coïncide avec la crise de la trentaine, pour d’autres, avec une simple envie de découverte et de dépaysement.

On les croise dans les gares de bus, dans les auberges de jeunesse. Très peu parlent bien l’espagnol. Le plus souvent, ils baragouinent. Quand ils sont entre eux, l’anglais est roi. Souvent, ils voyagent seuls. Ils sont donc très enthousiastes dès qu’il s’agit de faire de nouvelles rencontres, mêmes très brèves.

Ils sont en général sympathiques. Ils engagent facilement la conversation, partagent leur expérience de voyage, leur itinéraire, se conseillent. Ils aiment partager un repas ou voyager ensemble une journée. Mais le plus souvent, leurs chemins se séparent rapidement. Chacun prend une direction différente, la démarche appesantie par les gros sacs qu’ils portent, un sur le devant et l’autre sur le dos.

 

Avec le temps, la culture latino déteint inévitablement sur eux. Les backpackers finissent par trainer sous le bras un thermos d’eau chaude et une bombilla pleine de maté, des sacs colorés avec des lamas pour motif ; par mettre des chapeaux en feutre, à la mode andine, des pantalons péruviens et des bijoux en macramés. Sans s’en rendre compte, ils forment une petite communauté en dehors du monde. Ils se reconnaissent et s’attirent.

Depuis jeudi, Manue et moi avons commencé notre périple sur les routes argentines.  J’étais prévenue, l’Argentine est un pays immense (6 fois la France) et le facteur distance n’est pas à négliger. Impossible de voyager sans passer une nuit dans un bus.  Pour vous donner une idée… voyager de Buenos Aires à Puerto Iguazu, prend 17 heures en bus ; Puerto Iguazu – Corrientes, 12 heures ; Corrientes – Salta, 12 heures ; Salta – Mendoza, 17 heures et Barriloche – El Calafete, 2 à 3 jours…

Prendre le bus comporte son lot de bonnes et moins bonnes surprises… Nous en sommes à notre troisième nuit et tout doucement, nous commençons à nous organiser. Après avoir grelotté la première nuit à cause de l’air conditionné, nous avons embarqué nos sacs de couchage. Bandeau sur les yeux et boules quies se sont vite ajoutés à la panoplie.

Dans chaque bus, un bonhomme plein de bonnes intentions nous fait profiter de sa musique – reageton reageton poum poum – à moins que ce ne soit un stratagème pour couvrir les bruits de succion (car monsieur est toujours accompagné).

Nous avons à peine poser nos derrières dans nos sièges que le premier film est lancé. Les films se suivent (quelque soit l’heure du jour ou de la nuit) et se ressemblent : The spy next door, The final destination,… un rattrapage accéléré du mauvais cinéma américain d’action et d’hémoglobine. Il ne reste plus qu’à enfoncer nos boules quies bien loin dans nos oreilles pour ne plus entendre les hurlements de terreur et essayer de s’endormir.

Reste qu’il faut être bien attentif. En observant les autres voyageurs nous nous rendons compte que nous devons changer de bus. Un changement impromptu qui n’est signalé ni sur le ticket, ni par une hôtesse…

Côté confort, on ne peut pas vraiment se plaindre. Les fauteuils (semi cama) sont décidément fort confortables. Le deuxième matin, je dormais tellement profondément que l’hôtesse a du me secouer pour me proposer mon petit déjeuner (il était 5h50…).

Le bus n’est pas donné, mais grâce au voyage de nuit, nous faisons l’économie de l’hôtel et du restaurant (une petit plat chaud nous est servi à une heure insupportable, 22h30). Nous n’avons plus qu’à prendre notre mal en patience en traversant des villes sans nom et sans visage.

Olivier, avec qui j’ai préparé mon itinéraire argentin, m’en a mis plein la vue pendant nos pauses midi. Je l’écoutais avec de grands yeux, l’esprit déjà ailleurs. La réalité m’a bien vite rattrapé et après quelques jours de terrain, le plan de voyage plutôt ambitieux a été revu à la baisse. Une escale forcée à Corrientes, nous a permis de reconsidérer nos plans. Nous avons inversé le plan de voyage et opté pour un aller simple Salta-El Calafeyte. Je voulais éviter de prendre l’avion autant que possible mais ici, ce petit raccourci aérien nous épargne 48 heures de bus (tu excuseras cette barbarie mon petit Bastien…)…