Et voilà, des deux mois déjà passés. J’ai compris le mécanisme de ma serrure, et ne suis plus obligée d’aller aux toilettes – au bout du couloir – avec mes clés. J’ai mémorisé les codes de mes casiers (postaux et de cuisine), me suis re-familiarisée avec les cadenas américains. J’ai apprivoisé mon frigo et ses grondements, grognements, vocalises. J’ai trouvé l’entrée de la piscine, l’entrée des souterrains. Je suis passée en onde et j’ai mangé de la poutine. Je suis allé à Québec en vélo, tôt le matin pour voir la ville se réveiller. J’ai cueilli des pommes et fait de la croustade. J’ai perdu un appareil photo et une poêle à frire, mes gants. J’ai vu un match de Hockey et visité deux fois le Parlement. J’ai bu toutes les sortes de bières Boréales et ai préféré la Rousse. Je me suis faite l’oreille québécoise. J’ai découvert Alfa Rococo et Jean Leloup. Je ne m’étonne plus de croiser des marmottes et des écureuils sur le campus. J’ai assisté deux fois au spectacle du Cirque du Soleil et j’ai reçu une lettre. J’ai fait trop de photos que pour pouvoir donner un nombre approximatif… Et puis j’ai enfumé les cuisines… une expérience culinaire qui a mal tourné.

Mais je fronce toujours les sourcils quand je dois donner mon numéro de chambre : soixante-seize quatre-vingt trois (essayez pour voir, ça demande une concentration folle) et me perds toujours dans le sacro-saint Casault.

Reste à …

- Aller manger un hamburger Chez Victor

- Fêter Halloween

- Acheter des bêtises au Dollarama et passé au Village des valeurs.

- Aller au Musée des Beaux Arts du Québec

- Attendre la neige

- Acheter des gants et un parapluie

- Visiter les voûtes de Napoléon et le Dagobert

- Passer un vrai jeudi soir au Pub avec les mijoles

- Sacrer avec la VRAI intonation québécoise…. Taaaaabarnac’

- Organiser une soirée belge pour apprendre aux Français que Jacques Brel est Belge !

- …

Et au lieu d’écrire ce post, je ferai mieux de terminer ma revue de presse… Sinon, je vais passer ma première nuit blanche à Québec (Entre nous, si ça devait arriver, je préfèrerais la passer ailleurs qu’en tête à tête avec mon ordinateur)!

Ça fait beaucoup de moi-je… Et vous qu’avez-vous fait ces deux derniers mois ?

HockeyPoutineBoites aux lettres

Campus1stade rouge et orPavillon CasaultCampus2Stade rouge et or2Station d'autobus

Voici un aperçu du Campus de l’Université Laval, un dimanche d’octobre. Un grand carré d’herbe. Beaucoup de beton, beaucoup d’arbres, un grands stade, des résidences, un centre sportif, des bibliothèques, des amphis. Je voulais profiter d’un rayon de soleil pour prendre quelques photos, de toutes ces couleurs d’automne. Vingt minutes plus tard, j’ai eu droit à ma première tempète de neige (fondante) en prenant ces photos cette après-midi.Des nuages très sombres, puis le vent, la pluie et la neige, une drôle de lumière. Un air de fin du monde. Je suis rentrée trempée, le nez rouge et les doigts frigorifiés. Contente de ce nouveau tête à tête avec mon appareil photo.

La langue québécoise est l’illustration d’un drôle de paradoxe. L’utilisation d’anglicisme et la préservation de la langue française contre ces mêmes anglicismes. Par exemple, un québécois ne dit pas weekend ou drive in. Il dit : fin de semaine et service au volant. Il ne regarde pas Desperate Housewife le lundi soir, mais bien Beautés Désespérées… Et puis, il trippe, il rushe, il ouatch, il plogue, il spotte et il punche!

Vous comprendrez ce que vous pouvez ;-)

En fin de semaine…

Au Québec, on aime bavasser,  jaser avec ses chums. Parfois, quand ils nous tombent sur les nerfs, on se chicane. Ça a pas de bon sens. En fin de semaine, on s’évache devant une game de hockey. On attend avec impatience que les premiers joueurs se sautent dans la face et se mangent une volée. En fin de compte, on en oublie la poque. Dans le fond, on se dit qu’on a p’t être ben tanponné, mais que c’était ben l’fun.

Samedi matin, on magasine, on fait les commissions. L’après-midi, on va aux vues.

Le samedi soir, on fait des partys et on boit des broues avec sa gang en écoutant des tounes. En pub crawl, y en a qui  brossent. Ça a pas toujours d’allure. Pour s’en remettre, ils mangent une poutine à 3h du mat’.

On becotte sa blonde et on se plait à l’appeler ma pitoune. Et quand on a en a pas on crouse dans les pubs, ça arrive qu’on pogne, qu’on tombe en amour.

S’il mouille à siot ou qu’il fait trop frette, on aime encore bien rester assis sur son steak, chez nous.

Besoin d’une traduction? C’est sûr, ça a moins d’allure en français…

Au Québec, on papote avec ses potes. Parfois, quand on se tape sur les nerfs, on se dispute. Ça ressemble à rien. Le weekend, on paresse devant un match de hockey. On attend avec impatience que les premiers s’engueulent et se prennent une raclée. En fin de compte, on en oublie le palet. Après coup, on se dit qu’on a peut-être perdu son temps, mais que c’était bien chouette.

Samedi matin, on fait du shopping, on fait les courses. L’après-midi on va au cinéma.

Le samedi soir, on organise des fête et on boit de la bière avec son groupe de potes en écoutant de la musique. En rallye chopes, y en a qui se tôlent. Ça ne ressemble pas toujours à grand-chose. Pour s’en remettre, ils mangent une poutine à 3 heure du mat’.

On embrasse sa copine et on aime l’appeler ma petite puce. Et quand on en a pas, on dragouille dans les bars. Ça arrive qu’on ait du succès, qu’on tombe amoureux.

S’il pleut des cordes ou s’il fait trop froid, on aime encore bien glandé, chez soi.

IMG_0064Ile-d’Orléans. Après-midi cueillette de pommes. Même gang qu’à Tadoussac, on a juste troqué les pagaies pour des seaux et des escabeaux. 8 piasses (dollars) la chaudière (le seau). Soleil et couleurs automnales au rendez-vous.  La cueillette de pommes, un sport à la mode à Québec en début d’automne. L’occasion pour nous de nous dérouiller les jambes et puis de croquer à belles dents dans toutes ces nouvelles variétés de pommes : les Macintosh, les Jonamac,  les Lobo, les Empire,… Un bon bol d’air pour se remettre du stress et de la fatigue accumulés pendant la semaine.

Reste plus qu’à se donner rendez-vous au fourneau. Au menu : tarte, compote et croustade aux pommes (la version québécoise du crumble, avec sirop d’érable bien entendu). Et puis quelques innovations culinaires…

Pour les gourmands ou les curieux, une petite recette pour la route. La croustade aux pommes…IMG_0049

3/4 tasse (190 ml) farine
1 tasse (250 ml) gruau
1/2 tasse (125 ml) cassonade
1/2 c.à thé (2 ml) cannelle
1/2 tasse (125 ml) margarine
7 pommes, pelées + Sirop d’érable
1 c.à soupe (15 ml) jus de citron

  1. Couper les pommes en petits morceaux et les mélanger au jus de citron et à la cassonade. Déposer les pommes dans un plat allant au four légèrement graissé. Verser du sirop d’érable sur les pommes.
  2. Dans un bol, mélanger ensemble tous les autres ingrédients, sauf la margarine. Défaire la margarine en crème et l’incorporer aux ingrédients.
  3. Étendre cette préparation sur les pommes.
  4. Cuire au four à 190°C pendant environ 30 minutes.

Pointe de l'Islet, TadoussacCeux qui me connaissent un peu, connaissent aussi ma maladresse. J’ai travaillé dur pour paraitre moins pataude, mais chassez le naturel il revient au galop… Et le naturel m’a rattrapée le week-end dernier à Tadoussac, un village célèbre pour son tourisme baleinier.

Mais reprenons depuis le début. L’idée d’aller voir les baleines est sortie un soir pendant le souper. Audrey n’avait jamais été à Tadoussac, Clémence n’avait jamais vu de baleines et Sarah en avait un souvenir incroyable. Samedi matin, nous quittons le campus avec Mathieu, un ami québécois. 3 heures plus tard, nous accostons à Tadoussac. Audrey et Clémence filent s’équiper pour leur balade en zodiac. Sarah, Mathieu et moi prenons le temps de pique-niquer et de nous promener… avant de saluer les baleines en kayak.

A l’extrémité de Tadoussac, la pointe de l’Islet est incontournable. Elle donne une vue prenante sur le point de rencontre entre le Saguenay et le saint Laurent. C’est aussi un observatoire privilégié pour voir les baleines. Nous nous installons donc près du bord pour attendre les baleines. Elles ne sont font pas prier. Toute pleine d’enthousiasme, je pointe une dorsale noire du doigt. La dragonne de l’appareil photo enroulée à  mon doigt se déroule lentement, l’appareil fait un ricochet sur la dalle sur laquelle nous sommes assis – dans ma tête une seule pensée : merde, l’appareil ne va surement pas apprécier un tel choc – s’était sans calculer le deuxième rebond : tout droit dans le St Laurent. POCK, PLOUF, l’appareil s’enfonce dans les eaux sombres du Saint Laurent. Pas le temps de bondir pour le rattraper, c’est trop tard.

Le goéland que je m’amusais à photographier quelques minutes plutôt a dû se rendre compte de la gravité du moment et de la fin de ses débuts prometteurs de mannequinat. Il s’envole et plonge à l’endroit de l’impact. Trop beau pour être vrai, l’oiseau remonte bredouille. Sur le bord, nous observons la scène, nos yeux se croisent et nous partons dans un fou rire interminable – un peu jaune pour moi. Je vois la scène se répéter encore et encore et je n’y crois toujours pas. (Ma mésaventure vous a fait rire ? Vous pouvez me sponsoriser pour l’achat d’un nouvel appareil photo sur ce numéro de compte 063-9353780-08 ;-) ).

Après cette mésaventure, nous retournons sur la plage. C’est l’heure de nous équiper pour le kayak. Ma première sortie en kayak de mer. L’équipement est à la hauteur de la température de l’eau : 4°C. Le groupe est composé d’étudiants français, tous vivent dans la résidence Parent. Malgré le vent, nous tentons une sortie. Nos bras en prennent pour leur grade, mais il y a quelque chose de grisant dans le fait de se retrouver au milieu du St Laurent, de passer les bouillons de baleines, de faire du sur-place à contre-courant et de… ne plus voir une seule baleine. Dans mon malheur, c’est la troisième fois que je viens à Tadoussac, des photos j’en ai donc de stock…

Tadoussac vu du haut

IMG_89862  septembre. Premier cours de radio, premier contact avec notre professeur, M. Imbeau. Objectif du cours : réaliser une émission hebdomadaire d’actualité internationale. L’émission est diffusée le vendredi matin de 8h30 à 9h30 sur CHYZ (94,3), la radio de l’Université Laval et deuxième radio étudiante francophone en Amérique.

Sans attendre le ton est donné. Avec des reportages en direct de l’Afghanistan ou d’Islande et les interviews d’Abdou Diouf (homme politique sénégalais), d’Aghali Alambo (chef des touaregs), d’Ellen MacArthur, d’Hubert Reeves et de Françoise Barré-Sinoussi (Prix Nobel de médecine en 2008) nos prédécesseurs ont mis la barre très haut.

Une drôle de frénésie s’empare de notre petit groupe (5 Français, 2 Réunionnais, une dizaine de Québécois  et 2 Belges) lors du tirage au sort des différentes tâches. Au planning, 11 émissions, 13 personnes par émissions. Au menu : des revues de presse américaine et européenne, un reportage d’actualité internationale, un reportage scientifique et un reportage économique, un coup de cœur, une critique, une chronique, des choix musicaux et des interviews en direct. Le tout est supervisé par le réalisateur et l’animateur.

Première émission : 18 septembre ! La première équipe n’a pas de temps à perdre. Réunions de rédaction et répétitions (parce que rien n’est laissé au hasard) s’enchainent. Jeudi soir, nous prenons nos marques dans le studio du département avant la grande première de vendredi matin. Le reste du groupe s’exerce à la régie et remet de l’ordre dans les jingles de l’émission. L’idée de créer un blog pour notre émission fait l’unanimité. Si tôt dit si tôt fait ! Jetez un œil sur  Planète on Line pour retrouver les temps forts de nos émissions, des flashs info et une version audio de notre émission !

Répétition - côté régieIMG_8996CHYZ - En attendant de passer en direct

IMG_8310

Certains spectacles tirent sur la corde des émotions. Nous laisse comme béats quelques minutes encore, après le grand final. La musique, l’expression sur le visage des acteurs, les mouvements savamment orchestrés. Certains détails se logent au fond de nos yeux. A l’intérieur, quelque chose est remuée. Une sensation de chaleur, de joie se répand. De la reconnaissance pour les artistes, de la gratitude pour ce moment intense.

Cet été, le Cirque du Soleil a installé sa scène et ses éclairages à Québec, dans un décor urbain, sous les bretelles d’autoroute. Quatre tribus se rencontrent sur les « chemins invisibles ». Un spectacle qui aborde des thèmes très actuels,  tels que les sans-papiers, le métissage culturel.

La troupe de saltimbanques, avec ses costumes, ses artifices, ses acrobaties et numéros de haute voltige, m’a envouté, une fois encore. Je ne résiste pas à la tentation de revoir le spectacle (gratuit) une deuxième fois… et de vous en faire découvrir un petit bout!

8h du matin, je file au « régistaire » pour m’inscrire. Les bureaux ouvrent à 8h45, mais la file caracole déjà devant les portes de l’ascenseur. A peine le nez dehors, j’entends de gens crier. Manifestations, catastrophes ? J’avance prudemment. Surprise : je vois défiler des tas de petits lutins de la Saint-Patrick, des pirates. Plus loin des tortus ninjas. Dans ma tête mal réveillée, je me dis que c’est un peu tôt pour le carnaval… Puis tout s’éclaire : ce sont les fameuses initiations, les baptêmes version québécoise. Des costumes, du maquillage, de cris, de la bière très peu, des rallyes sur le campus. Des activités d’intégration obligatoirement présentées à la direction de l’Université avant d’être approuvés…

Clémence et moi y avons aussi eu droit aussi. Pas de cris, pas de déguisement, juste une après-midi et soirée organisée par les masters2. Un rallye dans la ville de Québec, avec un arrêt au studio de Radio Canada, quelques bières et pointes de pizza. L’occasion de faire connaissance avec la promo, de briser la glace. Opération réussie J ! La simplicité et la gentillesse des Québécois n’est plus seulement légendaire !

Next Page »