Début décembre, arrive Yoli, un joint éternellement posé au bout des lêvres. De 4 on passe à 5. Elle ne parle pas beaucoup, on ne sait pas ce qu’elle pense. Mais bon, avec le temps, les réponses monolosyllabiques s’allongent un peu. Yoli, qui déjà avait un faible pour la guitare éléctrique – et qui est parfaitement équipée, a tout à coup décidé de se mettre au flamenco. Elle a même acheté des chaussures qu’elle garde en permanence. Elle s’excerce… Mais Yoli est aussi l’amie de Mari. Deux amies sous le même toit, ça se multiplie vite en beaucoup d’amis dans un salon enfumé… Mais bon, on finit toujours par s’habituer à n’importe quelle situation.
Quand Vanessa s’en va, la question ne se pose même pas : Yoli s’installe définitivement. Mais voila qu’un beau jour, au beau milieu des examens, elle déverse le contenu de sa chambre dans le couloir -c’est fou ce qu’il y en avait des choses. Je me dis…”Ah, elle a décidé de mettre de l’ordre. Tout arrive…”. Le soir, la chambre est complétement vide et Yoli s’est volatilisé.
Mais, je ne suis pas au bout de mes surprises… J’apprends de Mari, que Yoli est retournée dans un autre appart’ et que dès demain (ou après demain, bon on est pas à quelques jours près en Espagne) Pancho va la remplacer… Je me sens un peu désarçonnée, j’avais fini par m’habituer à cette drôle de fille…
Quelques jours plus tard, je trouve Pancho, un drôle de bonhomme avec des lunettes D&G, installé dans le salon devant un match de foot. L’odeur de beuh, qui s’était estompée ces derniers jours, vient me piquer le nez. Quel plaisir…
Notre première véritable conversation a lieu le soir même (samedi). Il n’a pas de clé (Yoli les a prises avec elle, un souvenir de l’appart?), il sort ce soir. Je lui propose les miennes, ayant deux examens lundi, je me prevois une soirée folle avec mon cours de grammaire comparée. “Non, ne te tracasse pas, je ne sais pas encore si je rentrerai cette nuit” me répond-il. Il a dû changer d’avis en route. A 5h08, le tintement strident de la sonnette me tire du sommeil. Au second coup de sonette, je me rends compte que je n’ai pas rêvé et que si je ne bouge pas personne ne le fera… C’est un Pancho tout désolé qui déboule dans l’appart, mais non moins désolé que moi…
Mais, il m’a fallu deux nuits pour me rendre compte du pire : mon voisin de chambre est victime de ronflements chroniques. J’ai bien pensé tout d’abord qu’une mobilette avait du mal à démarrer quelque part dans la rue, mais vu la persistence du bruit, j’ai bien du me rendre à l’évidence… Malheureusement, si mes boules Quies parviennent à couvrir les voix des joyeux lurons dans la rue les soirs de fêtes (ou pas), il faut croire qu’elles ne pouvaient rien contre ces ronronements réguliers.
La vie est drôle parfois… On mord sur sa chique pour s’habituer à des choses et des gens différents pour se rendre au bout du compte que… le pire est à venir! Moi, je préfère en rire…