Je quitte tout juste la Bolivie. Après une dizaine de jours, j’ai pu faire valider ou non certains préjugés et échos rapportés par les voyageurs qui m’ont précédés.
Altitude – La sportive que je suis a bien dû se résoudre à s’époumoner à la moindre petite côte entre Potosi (4060 m) et le lac Titicaca (3820 m). Ces exercices cardio ne m’ont pourtant pas empêchée de gravir toutes les petites côtes pour prendre un peu de hauteur. Une jolie vue, une jolie photo, ça se mérite.
Pollution et trafic – En plus de l’altitude, mes petites poumons ont bien souffert des épaisses fumées noires s’échappant de vieux tacos et autres bus vétustes. Sans compter que les rues très inclinées sont la règle dans les villes. Quant au trafic, je n’ai jamais été aussi heureuse de compter sur mes petites jambes. Les rues sont très souvent paralysées et deviennent le théâtre de concert de klaxons (j’en suis même venue à la conclusion qu’il devait exister un langage propre aux automobilistes par klaxonages aux accents agressifs et colloquiaux : « tuttttttttttttt » peut vouloir dire : « Mr Le piéton magne toi de traverser ou je t’écrase», « Mr. les automobilistes vous avez intérêt à vous arrêter parce que je passe », « Je prends ma priorité »,… ).
Transport – Pendant tout mon périple, mes plus grandes craintes ont été de me faire voler mon appareil photo et d’être impliquée dans un accident de bus. Si je suis ultra vigilante avec mon appareil photo, dans le cas des transports en bus, ça ne dépend malheureusement pas de moi. Les routes boliviennes sont sinueuses, pas toujours goudronnées, et n’ont pour éclairage que les étoiles. L’idée est d’éviter les bus de nuit, mais on a pas toujours le choix… Aux soubresauts relaxants de la route peuvent alors s’ajouter une bande de collégiens surexcités ou des enfants qui prennent un malin plaisir à vous tirer les cheveux pendant la nuit. Sommeil réparateur garanti !
Coût de la vie – L’Argentine et le Chili ont bien entamé mon budget voyage… La Bolivie est arrivée à point pour soulager mon porte-monnaie… Les prix défient toutes concurrences : 5 euros le billet de bus Copacabana-Cuzco (10 heures), 3 euros la nuit en auberge de jeunesse (4,5 € déjeuner inclus), des jus d’orange frais pour 0,30 cents, un menu complet pour 15-20 Bolivianos (1,5 à 2 euros) – à ce prix-là, on aurait presque tort de cuisiner…
Par contre, aller aux toilettes est un petit budget en soi… à Uyuni, j’ai dû payer jusqu’à 0,50 cents pour soulager ma petite vessie. Vu la rareté des arbres, on a guère le choix que de faire vivre la madame pipi locale (le papier toilette est en général fourni).
Confort et douche chaude – Pour 3 ou 4 €, il ne faut pas s’attendre à des palaces, c’est évident. La qualité des auberges de jeunesse varie très fort et souvent, il faut miser sur la chance. J’ai eu droit au meilleur comme au pire. Je me félicite d’ailleurs d’avoir apporté des tongs avec moi… Mais en général, la douche chaude est au rendez-vous, contrairement à ce qu’on m’avait annoncé. Le débit laisse parfois à désirer, les systèmes D sont de mise et les vieux poils et cheveux en bonus… Mais ne soyons pas trop exigeants…
Internet – En s’armant de beaucoup de patience, on peut se connecter relativement facilement sur internet via une des nombreuses boutiques internet. Le Wifi par contre est beaucoup moins répandu (voilà qui justifie ma désertion).
Vols – Nous avons appris à nos dépens que la Bolivie compte son lot de petits voleurs. Mimi s’est fait voler son sac à dos avec passeport et autres effets personnels à la station d’autobus de Potosi. Cette seconde de distraction nous a valu un marathon téléphonique et administratif à La Paz. Marathon dont on se serait passé. Sans compter qu’on a bien failli ne pas pouvoir entrer au Pérou avec le laissez-passer fourni par l’ambassade de France. Un mauvais souvenir qui sera vite une anecdote drôle à raconter !
Négociations et arnaques – Il est important de se renseigner sur le prix des choses sous peine de se faire arnaquer. Pour le principe, j’ai dû être intraitable avec le type chargé de percevoir l’entrée de l’île du soleil qui réclamait 15 bolivianos, au lieu de 5. Je deviens une négociatrice hors paire (ou une vraie emmerdeuse selon les cas). D’ailleurs, il vaut mieux s’entendre sur les prix à tout moment (et les comparer avant de réserver un hôtel, un tour, monter dans un taxi,..
Animaux de compagnie – Sans être une grande fan des chiens, en trois mois de voyage, je m’étais habituée à leur présence paresseuse, tranquille et inoffensive dans les villes et les campagnes. Inoffensive jusqu’au moment où un grand bâtard roux m’a pris en chasse avec des grognements menaçants et m’a agrippé le bras puis la cuisse sans que je sache quelle mouche l’avait piqué… Plus de peur que de mal, je m’en sors avec un beau gros hématome. Me voilà un peu plus aventurière j’imagine – mais pas plus fan du meilleur ami de l’homme.